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Les questions puissantes pour diriger : ouvrir les conversations difficiles et comprendre avant de décider

En réunion de direction, la personne la plus influente n’est pas celle qui parle le plus, mais celle qui pose les meilleures questions. Une bonne question peut débloquer une décision repoussée depuis des semaines, faire émerger un problème que personne ne nommait ou ouvrir une conversation que l’équipe évitait depuis des mois.

8 min de lectureAvec un jeu de questions à utiliser dès demain

L’article en une minute

  1. Une question puissante ne cherche pas de l’information pour celui qui pose la question, mais de la clarté pour celui qui répond.
  2. Ouvrez avec « qu’est-ce que » et « comment ». Évitez le « pourquoi » accusateur.
  3. Une fois la question posée, laissez la place au silence.

Les questions puissantes ne sont pas une technique réservée aux coachs. Ce sont un outil de direction : pour comprendre avant de décider, pour faire émerger l’information qui d’habitude ne se dit pas, et pour tenir les conversations difficiles en réunion, en feedback, en situation de conflit ou de décision. Dans cet article, nous expliquons comment les formuler et lesquelles utiliser selon la situation.

Qu’est-ce qu’une question puissante ?

Elle ne cherche pas l’information pour celui qui demande, mais la clarté pour celui qui répond.

Les questions puissantes sont des questions ouvertes, courtes et posées avec une curiosité sincère. Leur but : amener la personne qui répond à réfléchir, à découvrir quelque chose de nouveau ou à s’engager dans une action. Contrairement à une question ordinaire, elles ne cherchent pas de l’information pour celui qui demande, mais de la clarté pour celui qui répond.

Le concept vient du coaching, où il fait partie des compétences clés définies par l’International Coaching Federation (ICF). Mais son intérêt va bien au-delà. Dans une équipe de direction, une question puissante est celle qui change le cours d’une conversation : elle amène quelqu’un à dire ce qu’il ne disait pas, empêche une discussion de tourner à la défense de positions, ou permet de décider en ayant toutes les cartes en main.

Les types de questions dans une conversation

Toutes les questions ne servent pas à la même chose. Connaître les types de questions aide à choisir la bonne au bon moment :

Questions ouvertes et fermées

Pour ouvrirQue s’est-il passé cette semaine sur la ligne 2 ?Elles commencent par « qu’est-ce que », « comment » ou « quel » et invitent à développer.
Pour conclureOn fait le point jeudi ?On y répond par oui, par non ou par une donnée. Elles servent à confirmer et à conclure.

Les questions fermées appellent un oui, un non ou une donnée précise. Elles sont utiles pour confirmer et conclure, mais utilisées pour explorer, elles appauvrissent la conversation. Les questions ouvertes commencent par « qu’est-ce que », « comment » ou « quel » et invitent à développer. Une conversation productive s’ouvre généralement avec des questions ouvertes et se conclut avec des questions fermées.

Les questions réflexives

Les questions réflexives invitent la personne à regarder la situation sous un autre angle : celui du client, d’un autre service ou de l’avenir. Par exemple : « Dans un an, qu’aurions-nous aimé avoir décidé aujourd’hui ? »

Comment formuler des questions efficaces pendant une conversation

1

Commencez par « qu’est-ce que » et « comment »

Évitez le « pourquoi » accusateur. « Pourquoi le plan n’a-t-il pas été tenu ? » sonne comme un jugement et appelle des justifications. « Qu’est-ce qui a empêché de tenir le plan cette semaine ? » cherche les causes et appelle l’analyse.

2

Une seule question à la fois, et courte

Les questions longues ou enchaînées embrouillent. Si vous devez expliquer votre question, la moitié est probablement de trop.

3

Questionnez par curiosité, pas à partir de la réponse que vous avez déjà

« Tu ne crois pas qu’on devrait changer de fournisseur ? » n’est pas une question : c’est une proposition déguisée. L’équipe le sent et cesse de contribuer.

4

Reprenez les mots de votre interlocuteur

Si quelqu’un dit que l’équipe de nuit « navigue à vue », demandez : « Naviguer à vue, pour l’équipe de nuit, qu’est-ce que ça veut dire ? » Reprendre ses mots montre que vous avez écouté et ramène la conversation dans sa réalité, pas dans la vôtre.

5

Laissez la place au silence

Une bonne question est souvent suivie d’un silence. Ne le remplissez pas. C’est le moment où l’autre réfléchit.

6

Écoutez la réponse avant de poser la question suivante

Les questions puissantes ne fonctionnent qu’avec l’écoute active. La meilleure question suivante naît presque toujours de ce que l’autre vient de dire.

Le jeu de questions

Exemples de questions puissantes pour chaque situation

Des questions pour ouvrir les conversations difficiles

Il y a des conversations dont tout le monde sait qu’elles doivent avoir lieu, et que personne n’ouvre. Ces questions aident à commencer sans reproche ni conclusion toute faite :

« Quel sujet repoussons-nous depuis longtemps alors qu’il pèse sur l’équipe ? »
« De quoi aurions-nous besoin pour pouvoir en parler franchement ? »
« Et vous, comment le vivez-vous ? »
« Qu’est-ce qui vous inquiète à l’idée d’en parler ouvertement ? »
« Qu’attendons-nous de cette conversation, au-delà d’avoir raison ? »

Vous ne savez pas par où commencer ?

« Qu’est-ce qui doit être décidé à la fin de cette réunion ? »

Puis, le silence

Exemple : les questions puissantes en réunion de production

Le plan hebdomadaire n’est pas tenu, pour la troisième semaine consécutive.

La même réunion, deux façons de questionner

  1. OuvertureLe directeur d’usine demande : « Pourquoi on n’y est toujours pas arrivés ? »
  2. EnsuiteChaque service se défend : la production accuse la maintenance, la maintenance les achats, et les achats le fournisseur.
  3. FinLa réunion se termine sans aucune action.

Sans méthode de questionnement : le même temps, aucune action.

Les erreurs fréquentes avec les questions de coaching

  • Les questions piègesDes questions qui cachent un ordre ou une critique.
  • L’interrogatoireEnchaîner les questions sans laisser le temps de répondre.
  • Le « pourquoi » accusateurIl met n’importe qui sur la défensive.
  • Questionner sans écouterPoser la bonne question, puis couper la réponse.
  • Utiliser des listes sans les adapterUne question tirée d’une liste sonne faux si elle ne se rattache pas à ce dont on parle.

Les bénéfices du questionnement issu du coaching pour les dirigeants

Moins d’erreurs d’exécution

Elles confirment la compréhension et réduisent les erreurs d’exécution.

Une communication plus efficace

Elles rendent la communication au travail plus efficace, parce que l’équipe se sent écoutée.

Des managers plus autonomes

Elles développent l’autonomie des managers intermédiaires, qui trouvent leurs propres solutions.

Moins de défensive

Elles réduisent la défensive dans les conversations difficiles.

Des réunions plus courtes

Elles rendent les réunions plus courtes et plus productives, avec des décisions et des responsables clairs.

Le regard Silenzio

Savoir quelles questions poser, c’est facile. Les poser au bon moment, au milieu d’une réunion tendue, demande de la pratique.

Chez Silenzio, nous travaillons avec des comités de direction et des directeurs d’usine sur leurs conversations réelles, pour que bien questionner devienne une habitude de l’équipe.

En Espagne, nos formations sont finançables via FUNDAE.

Questions fréquentes sur les questions de coaching

Qu’est-ce qu’une question puissante en coaching ?

Une question ouverte, courte et posée avec curiosité, qui aide l’autre à réfléchir, à gagner en clarté ou à s’engager dans une action.

Quelle est la différence entre questions ouvertes et fermées ?

Les questions fermées appellent un oui, un non ou une donnée, et servent à confirmer. Les questions ouvertes invitent à développer et servent à explorer. Une conversation productive combine les deux.

Un dirigeant peut-il utiliser des techniques de coaching sans être coach ?

Oui. Les techniques de questionnement issues du coaching sont des compétences de direction que tout dirigeant peut travailler pour améliorer ses réunions, ses décisions et sa relation avec son équipe.

Bien questionner, c’est simple à comprendre. En faire une habitude d’équipe, beaucoup moins.